Le sixième Baromètre du Risque Allianz identifie les dangers les plus redoutés par les entreprises, sur la base d’une enquête menée auprès de 1200 experts du risque répartis dans plus de 50 pays. Principal enseignement : les menaces sont de plus en plus immatérielles…

Les entreprises du monde entier s’attendent à une année encore plus incertaine que d’habitude, marquée par des interrogations croissantes, d’ordre politique, juridique et réglementaire. Même si les catastrophes collectives et individuelles sont toujours présentes dans les esprits, les questions liées à la digitalisation, en regard du fort développement du cyber-risque, figurent également dans le haut du tableau.

On notera des Français moins inquiets d’une façon générale, mais davantage concernés que la moyenne sur les sujets liés au terrorisme et aux risques politiques, à la perte de réputation et aux nouvelles technologies.

Les interruptions d’activité en tête des préoccupations

C’est la cinquième année consécutive que ce risque se place en tête des préoccupations des entreprises, et il continue à progresser. Les causes des interruptions d’activité sont très nombreuses : catastrophes naturelles, incendie… Mais celles qui naissent d’une menace moins matérielle, ou plus distante, gagnent du terrain : perte des données suite à cyber-fraude, conséquences d’un acte de terrorisme dans le pays concerné…

Prévoir l’imprévisible

Les entreprises n’aiment pas l’imprévu – et leurs banquiers non plus. Un changement des règles du jeu peut être brutal. Crainte d’un retour au protectionnisme, bouleversements réglementaires, remise en cause d’alliances ou de pratiques anciennes… : les sociétés vont devoir investir davantage dans la surveillance des marchés mondiaux, dans leurs dimensions politiques et géopolitiques, pour pouvoir anticiper et s’adapter à de brusques changements des modèles et des marchés. Le Brexit, l’élection américaine ou les scrutins à venir en France et en Allemagne participent de cette incertitude.

Cyber-fraude : la menace n’est plus fantôme

La prise de conscience du risque de cyberfraude continue à se développer pour la quatrième année consécutive. La menace est large : hacking, vol des données, divulgation de données personnelles, et maintenant cryptologiciels. Elle entraîne des dommages coûteux.

La menace est d’autant plus prise au sérieux que les entreprises se sont lancées dans leur transformation numérique et qu’elles considèrent leurs data comme leurs premiers actifs, comme nous l‘indiquait Laurent Mahéo, président de la DFCG Ile-de-France : « Aujourd’hui la valeur des entreprises est pour près de 80% immatérielle ».

Les nouveaux risques ne font pas disparaître les anciens, et les menaces sont toujours plus nombreuses à peser sur les épaules des dirigeants d’entreprise. L’assurance permet de les intégrer dans la gestion financière de l’entreprise, et d’éviter, ou du moins d’en limiter, les conséquences. Mais les menaces les moins connues nécessitent une attention particulière, et au premier rang d’entre elles figurent celles qui touchent à la valeur incorporelle de la société : fichiers clients, brevets, données techniques… et réputation.