Dans un contexte marqué par la faible croissance des économies émergentes, la volatilité des changes et la persistance du risque politique, le développement à l’export peut sembler de plus en plus risqué pour les entreprises françaises. Tour d’horizon des principales préoccupations des entreprises françaises à l’export.

Dans son cinquième baromètre export, Euler Hermes, leader mondial de l’assurance-crédit, dresse un panorama des intentions des entreprises françaises à l’export en 2016 et 2017. Les 23 délégations régionales d’Euler Hermes ont interrogé plus de 900 exportateurs français, majoritairement des PME-ETI issues du tissu industriel, pour connaître leurs stratégies de développement et leur fonctionnement à l’international.

Comme en 2014, le risque d’impayé reste la principale préoccupation des exportateurs français : 59% des entreprises craignent l’incapacité de leurs clients à honorer leurs engagements. « Cette perception du risque est aggravée par la difficulté d’obtenir des informations financières sur les clients, citée par 51% des entreprises interrogées », précise Hubert Leman, membre du Comité Exécutif d’Euler Hermes France. Une crainte motivée par la recrudescence des défaillances à l’échelle mondiale en 2016 (+2%), en hausse pour la première fois depuis 2009.

Les principales préoccupations des exportateurs français (Baromètre Export 2016)

Risque d’impayés 59%
Risque de change 55%
Manque d’informations financières sur les clients 51%
Coûts de l’export (transport, logistique, douanes) 48%
Manque de collaborateurs dédiés 44%
Risque politique (confiscation, expropriation) 41%
Manque d’informations sur la zone d’exportation 40%

Fait marquant dans les résultats de cette année, 55% des entreprises redoutent le risque de change, contre 39% en 2014. La situation des pays émergents inquiète les exportateurs. « La baisse du prix des matières premières et la politique monétaire américaine moins accommodante ont contribué à la dépréciation massive des devises émergentes, effrayant au passage les courageux du grand export qui ont vu le risque de change peser dans le bilan », explique Stéphane Colliac, économiste Euler Hermes.

Enfin, les exportateurs français restent très attentifs au risque politique (41%), qui semble faire son retour à l’international. Euler Hermes a en effet dégradé la note de risque pays à court terme de 11 économies début 2015, dont la Chine et le Brésil.

Par ailleurs, le poste client est aujourd’hui plus difficile à gérer à l’export. 19% des exportateurs français déclarent que les délais de paiement se sont rallongés sur les 12 derniers mois. Le secteur des transports est un exemple frappant, puisque 25% des entreprises de ce secteur ont constaté une hausse des délais de paiement lors de l’année écoulée. Cette pression est imputable à l’atonie des échanges internationaux et à la baisse du prix des transports, le Baltic Dry ayant été divisé par quatre depuis 2013. Tout ceci a pesé sur les marges de ces entreprises.