Les transactions commerciales à l’international comportent un risque qu’il convient de couvrir. Nous vous aidons à arbitrer entre le crédit documentaire et l’assurance-crédit, deux protections différentes à l’export, qui possèdent chacune leurs atouts tout en pouvant s’avérer complémentaires.

Le crédit documentaire (ou crédoc), une protection à l’export

Moyen de paiement utilisé pour les échanges commerciaux à l’international – notamment les transactions dépassant les 50 000 € – le crédit documentaire est apprécié pour sa sécurité. Le crédoc repose sur une convention qui fait intervenir plusieurs acteurs :

  • l’acheteur (le donneur d’ordre) ;
  • le fournisseur (le bénéficiaire) ;
  • l’établissement bancaire de l’acheteur (la banque émettrice) ;
  • l’établissement bancaire du fournisseur (la banque notificatrice).

Le crédit documentaire protège à la fois le vendeur (le fournisseur) et l’acheteur : le premier bénéficie d’une garantie de paiement, tandis que le second est assuré de recevoir la marchandise commandée ou la prestation souhaitée. Pour une couverture maximale qui intègre les risques d’impayés, on emploie le crédit documentaire confirmé. Ce dernier fait intervenir un troisième établissement bancaire (la banque confirmatrice), qui apporte sa confirmation en plus de celle de la banque émettrice. Il s’agit généralement d’une grande banque internationale, ou d’un établissement situé dans le pays de l’acheteur, mais cela peut aussi être la banque notificatrice. Cette double garantie protège ainsi l’acheteur du risque pays (catastrophe climatique, crise politique ou économique), ce qui est particulièrement apprécié pour les destinations les plus exotiques.

CREDIT DOCUMENTAIRE ASSURANCE-CREDIT
Définition Engagement d’une banque de payer un fournisseur, pour le compte d’un acheteur importateur, contre remise de documents prouvant la livraison effective de la marchandise ou la réalisation de la prestation. Assurance garantissant les fournisseurs contre les risques d’impayés des acheteurs. L’assurance-crédit couvre un certain niveau d’encours et indemnise les fournisseurs en cas de défaillance de l’acheteur.
Procédure
  1. Demande de l’acheteur à sa banque
  2. Confirmation de la banque émettrice à celle du fournisseur
  3. Transmission des documents de transport de l’exportateur à la banque émettrice via la banque notificatrice (et confirmatrice éventuellement)
  4. Déblocage des fonds vers la banque notificatrice après vérification des documents
  1. Demande de garantie du fournisseur auprès de l’assureur-crédit (en quelques clics avec un extranet)
  2. Réponse rapide de l’assureur-crédit (généralement sous 48 heures)
Coût Frais et commissions perçues par la banque émettrice et la banque notificatrice, répercutées à l’acheteur (environ 5 % du montant garanti) Pourcentage du chiffre d’affaires (entre 1‰ et 2‰ du CA)
Destination(s) Souhaité pour les destinations exotiques mais possible partout Fonctionne dans la majorité des pays avec un assureur-crédit implanté sur les cinq continents et bénéficiant de relais locaux
Avantages
  • Offre une protection juridique
  • Permet de négocier de meilleurs prix en réduisant le risque de non-paiement
  • Confère un meilleur contrôle des opérations commerciales
  • Accès à l’information financière sur les prospects et acheteurs
  • L’assureur-crédit connaît les pratiques commerciales selon les destinations, ce qui permet de sécuriser les contrats de commande
  • Indemnisation en cas d’impayés (gestion du recouvrement)
  • Couverture de tous les acheteurs du portefeuille
  • Rapidité de mise en œuvre (demande de garanties, réponse rapide)
Inconvénients
  • Coût élevé
  • Délai de mise en œuvre important (plusieurs semaines à plusieurs mois selon les cas)
  • L’indemnisation est inférieure au montant des pertes
  • La période de carence avant indemnisation peut être pénalisante

Conclusion : assurance-crédit, le meilleur rapport qualité/prix

Le crédoc est une procédure empreinte de formalisme, de la demande d’ouverture à la vérification des documents de transport. Le recours aux établissements bancaires s’accompagne de frais et commissions qui alourdissent la note pour l’acheteur. Les multiples échanges documentaires (entre l’acheteur et la banque émettrice, entre le fournisseur et la banque notificatrice, entre les banques) sont synonymes de délais de traitement qui s’additionnent.
A contrario, l’assurance-crédit offre une souplesse administrative et une réactivité incomparables. Certes, le crédoc irrévocable confirmé va plus loin que l’assurance-crédit en termes de couverture, puisqu’il élimine de fait le risque de non-paiement et le risque pays. Mais l’assurance-crédit offre une connaissance approfondie de l’acheteur et de la destination. Grâce à une information précise en amont, elle renseigne le fournisseur sur la solvabilité de l’acheteur et le mode de paiement le plus adapté aux pratiques de sa région et de son secteur d’activité. L’entreprise peut combiner un contrat d’assurance-crédit et des crédocs sur un nombre limité de ses acheteurs, situés dans des pays qui ne seraient pas couverts par de l’assurance-crédit privée.

Les plus-values de l’assurance-crédit

L’assurance-crédit offre plusieurs services complémentaires au crédit documentaire :

  • information sur les acheteurs et les marchés à l’export ;
  • indemnisation et recouvrement à l’international en cas de créances impayées.