Les entreprises européennes commerçant avec le Royaume-Uni, ou implantées au Royaume-Uni, seront forcément affectées par le Brexit, quelle qu’en soit l’issue, via trois canaux principaux : la dépréciation de la livre, le ralentissement de l’économie britannique et la hausse des défaillances d’entreprises, attendue au Royaume-Uni dans les années à venir.

Euler Hermes estime qu’entre 2017 et 2021, en cumulé, le Brexit avec accord de libre-échange restreint aurait un impact particulièrement significatif sur les Pays-Bas, l’Irlande et la Belgique, du fait de leurs exportations et de leurs investissements croisés avec le Royaume-Uni. La croissance de ces pays serait affectée à hauteur de respectivement -1,8 points, -1,2 points et -1 point entre 2017 et 2021. Sur la même période, l’Allemagne serait aussi considérablement touchée, perdant au total -8,4 Mds EUR d’exportations de marchandises, dont -2,4 Mds EUR pour le secteur automobile.

La France se classe comme le 5ème pays qui sera le plus impacté en UE par le Brexit avec accord de libre-échange restreint. La chute des importations britanniques en provenance de zone euro aurait un impact direct et non-négligeable sur les exportations françaises. « La demande supplémentaire adressée à la France sur la période 2017-2021 sera fortement amoindrie par un Brexit avec accord de libre-échange. Les pertes sèches pour les exportateurs français pourraient se chiffrer à -3 Mds EUR cumulés entre 2017-2021 », juge Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes. Les secteurs les plus touchés seraient la chimie, les machines et équipements, et l’agroalimentaire, avec des pertes respectives de 0,6, 0,5 et 0,4 Mds EUR.

Les conséquences du Brexit pour les économies européenne, britannique et française

Dans sa dernière étude The Taming of the Brexit, Euler Hermes revient sur les conséquences potentielles du Brexit. L’économie britannique souffre-t-elle déjà de cette situation d’incertitude ? Peut-on s’attendre à un divorce à l’amiable entre l’UE et le Royaume-Uni ? Quels pays membres de l’UE seront les plus touchés ? Et la France, dans tout ça ? Lire la suite

Ce scénario devrait conduire à un désinvestissement des entreprises françaises au Royaume-Uni, et des entreprises britanniques en France, même si ce désinvestissement devrait rester limité. « La perte d’attractivité du Royaume-Uni devrait peser sur les investissements français au Royaume-Uni et sur les investissements britanniques en France. Une potentielle perte sèche en investissements cumulés qui représenterait 3,2 Mds EUR entre 2017 et 2021 », complète Ludovic Subran. Au total, la croissance française sera handicapée de -0,3 point en cumulé sur la période.