Cette fois-ci, c’est vraiment parti ! Les chantiers du Grand Paris vont se multiplier pendant les 20 prochaines années. Une aubaine pour les entreprises du BTP… mais qui s’accompagne d’une multiplication des risques, à commencer par celui des impayés.

Outre son intérêt sportif, l’attribution des Jeux Olympiques de 2024 à la capitale a permis de clarifier les investissements prévus dans le cadre du Grand Paris, et de fixer un calendrier plus précis aux nombreuses composantes du projet. Début septembre, Gilles Carez, député du Val de Marne, a rendu son rapport au Premier ministre, qui finalise les pistes de financement du chantier. Le Grand Paris est sur les rails.

Le « chantier du siècle »

Au cœur du projet : le Grand Paris Express, qualifié par Édouard Philippe de « chantier du siècle ». Au total, pas moins de 21 tunneliers vont entrer en action simultanément, pour creuser à une profondeur moyenne de 30 à 40 mètres (le métro parisien est à 10 mètres sous terre) et réaliser 200 km de voies. Le premier tunnelier a commencé le percement de la future ligne 15 du réseau en janvier dernier à Champigny-sur-Marne. Fin des travaux prévus en 2020. Outre ce nouveau métro automatique, le Grand Paris prévoit :

  • 4 nouvelles lignes de métro ;
  • 4 prolongements de lignes existantes ;
  • 68 gares dont 55 nouvelles ;
  • 200.000 m2 de commerce et d’activité ;
  • 70.000 logements par an.

Une formidable opportunité de développement, mais des risques accrus

Doté d’un budget de 40 milliards d’euros, le projet représente 12% de l’activité du BTP, selon la FNTP (Fédération nationale des travaux publics). Le seul Grand Paris Express multiplie par quatre le volume habituel de travaux souterrains, et devrait mobiliser chaque année près de 15 000 travailleurs.

De fait, pour les entreprises du BTP, le Grand Paris présente une formidable opportunité de développement. Mais dans un secteur caractérisé par de longues chaînes de sous-traitants, essentiellement de très petites entreprises, on peut craindre les risques consubstantiels à une demande aussi massive. Plus encore au fur et à mesure que les échéances de livraisons se rapprocheront, il faut s’attendre à une moindre sélectivité vis-à-vis des donneurs d’ordre – quelle microsociété aura le temps nécessaire à consacrer à l’analyse de leur solvabilité ?

Après des années de vaches maigres, et avec des fonds propres souvent limités, beaucoup de sociétés du secteur peuvent se trouver prises dans le classique effet ciseaux – avec une croissance de leur BFR supérieure à celle de leur EBE. Les pratiques de règlement (et de litiges) du secteur n’aideront pas les trésoreries.

Pour profiter de l’appel d’air du Grand Paris sans multiplier les risques, les entreprises du BTP, y compris les plus petites, gagneront à être accompagnées par un bon assureur-crédit.