Gardien des comptes, le DAF est devenu un stratège autant qu’un protecteur contre tous les risques de l’entreprise. Et ces derniers ne manquent pas… Equilibrer la nouvelle équation développement / sécurité, compétences à développer : voyage au cœur des nouveaux territoires du DAF.

C’est un fait, le territoire du DAF s’élargit. Selon une enquête du cabinet Ernst and Young de 2016 menée auprès des DAF, quatre « force motrices nouvelles », par rapport à la même enquête conduite en 2010, expliquent l’extension leur domaine d’intervention : « le digital, les données, les risques et leur volatilité, et l’attention croissante des parties prenantes combinée à la réglementation ».

Gestion des risques : une compétence indispensable

Les données ont plus de valeur que jamais : le digital, qui transforme les business modèles, conduit les responsables financiers à repenser leurs schémas. 58 % des responsables financiers interrogés affirment avoir « besoin de mieux comprendre le numérique, les technologies intelligentes et les méthodes sophistiquées d’analyse des données »

La donnée constitue justement la deuxième force motrice. 57 % des DAF interrogés estiment que « la fourniture de données et l’analytique avancée seront une compétence cruciale pour la fonction Finances de demain ». Du simple reporting, cette fonction entre ainsi dans l’ère du co-pilotage de la stratégie de l’entreprise.

Troisième force motrice, la gestion des risques devient l’un des rôles majeurs du DAF. 66 % de ceux travaillant dans des grands groupes estiment qu’il s’agit d’une « compétence indispensable ».

Enfin, les DAF doivent de plus en plus s’occuper des demandes — souvent contradictoires — des parties prenantes. 50 % d’entre eux admettent « avoir besoin d’améliorer leurs compétences dans la gestion de leurs relations, notamment avec les investisseurs, le PDG, les conseils et les autres cadres dirigeants ».

Stratège et ange gardien…

Ces résultats sont confirmés par une étude de PwC menée en 2017 sur les priorités des DAF (voir encadré). Le pilotage de la performance et la maîtrise des risques arrivent désormais en tête, avant la gestion prévisionnelle, principale priorité en 2016. La stratégie de développement, elle, passe de la 4ème à la 3ème place.

Les six priorités des DAF

Selon l’enquête PwC, les six priorités des directeurs financiers sont :

  1. Performance et maîtrise des risques,
  2. Gestion prévisionnelle,
  3. Stratégie et développement,
  4. Trésorerie, liquidité et financement,
  5. Transformation de la fonction finances,
  6. Fiscalité.

Le DAF s’affirme donc dans un double rôle :

  • de stratège, en participant activement à la définition et à la mise en œuvre de la stratégie ;
  • “d’ange gardien”, chargé de préserver les actifs et de gérer les risques financiers. Un rôle renforcé par le durcissement des réglementations depuis la crise financière de 2008, et par la montée en puissance de la fraude, notamment la cyberfraude, parallèlement au développement de la numérisation des entreprises.

… le grand écart ?

Ce double rôle se révèle compliqué, si l’on en croit une autre enquête, commanditée cette fois par Dun & Bradstreet. 56 % des directeurs financiers interrogées estiment qu’il est irréaliste de leur confier à la fois le rôle de protecteur de l’entreprise et de celui créateur de revenus, au moment où leurs équipes se réduisent. 59 % reconnaissent qu’ils ont davantage de responsabilités en matière de risque et de conformité qu’auparavant, 53 % que la possibilité d’erreurs graves augmente. Résultat : 55 % se sentent mal à l’aise avec leur rôle actuel et 71 % pensent qu’ils subissent trop de pression !

D’où l’intérêt de certains outils développés par Euler Hermes. Outre les produits de protection du portefeuille client (assurance-crédit, recouvrement, etc.), Euler Hermes a créé deux produits spécifiques pour protéger du risque de fraude : EH Fraud Cover, et EH Fraud Reflex, ce dernier spécialement étudié pour les petites entreprises qui réalisent moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Ces deux contrats couvrent les pertes consécutives à une fraude commise par un employé ou par un tiers, et aux cyber fraudes, ainsi que certains frais induits :

  • Rétablissement d’image,
  • Notification en cas de vol de données électroniques,
  • Restauration/décontamination de données,
  • Prestataire consécutifs à une cyber-extorsion,
  • Procédures judiciaires.

Autant de solutions pour soulager le DAF et lui permettre de se consacrer pleinement à un portefeuille de tâches qui ne cesse de s’élargir.

Des compétences à développer

Quelles compétences le DAF doit-il développer pour répondre aux enjeux stratégiques des 5 prochaines années. Voici les réponses des personnes interrogées dans l’enquête d’EY :

  • la gestion du Big Data et de l’analytique avancé : 65 %
  • la gestion des risques : 63 %
  • la responsabilité éthique : 67 %