Comme tous les deux ans, Euler Hermes a interrogé plus de 600 entreprises françaises sur leurs velléités d’investissement. Il s’agit de la cinquième édition de notre baromètre investissement et trésorerie des entreprises, et il en ressort qu’une entreprise sur deux souhaite investir au moins autant en 2019 qu’en 2018. Quel est le profil de ces entreprises ? Dans quels secteurs évoluent-elles, et quelle est leur taille ? Quelles sont leurs priorités d’investissement, et leur attrait pour la transformation digitale ? Focus sur les 5 grandes catégories d’entreprises françaises qui investiront en 2019 !

1. La PME du secteur de la construction qui tourne à plein

Le premier profil d’investisseur qui se dégage de notre baromètre pour 2019 est une PME du secteur de la construction. Cette entreprise utilise ses capacités de production à 100%, et cite le risque lié au coût de la main d’œuvre comme principale menace pour sa rentabilité. Elle souhaite accroître ses investissements en 2019 par rapport en 2018, avec une répartition équilibrée entre investissements offensifs et défensifs . Cette entreprise a fait un effort dans la transformation digitale, qui a représenté entre 25 et 50% de ses investissements totaux en 2018. Celui-ci lui permet de contrecarrer le manque de main d’œuvre qualifiée au travers d’une amélioration de la productivité du travail. Elle en observe un retour sur investissement, mais va maintenant se tourner davantage vers d’autres priorités : son investissement va croître en 2019 mais s’orientera à 40% dans la mise aux normes et à 30% dans l’accroissement des capacités de production.

2. La PME du secteur de l’agroalimentaire qui se transforme rapidement

Le second type d’entreprise qui investira en 2019 est une PME du secteur agroalimentaire. Elle utilise ses capacités de production à 100%, et cite le coût lié à la main d’œuvre comme principale menace pour sa rentabilité. Les investissements dans la transformation digitale de cette PME représentaient entre 75 et 100% de ses investissements totaux en 2018. Elle souhaite investir plus en 2019 qu’en 2018, et intégralement pour accroitre ses capacités de production. Un effort d’investissement qui s’accroitra encore cette année, et pour lequel la transformation digitale servira une nouvelle fois d’outil quasi exclusif : pas si étonnant, puisqu’elle qu’elle en retire déjà un retour sur investissement. Pour elle aussi, les investissements digitaux sont motivés par des problématiques de qualification et de productivité de la main d’œuvre.

3. L’ETI du secteur de la chimie qui souhaite se réorienter

On parle ici d’une entreprise de taille intermédiaire évoluant dans le secteur de la chimie, qui utilise 90% de ses capacités de production, et cite les pressions sur les prix de ventes comme principale menace pour sa rentabilité. Cette ETI souhaite investir plus en 2019 qu’en 2018, avec une priorité importante pour les investissements offensifs (90%). Elle s’est montrée peu active en matière d’investissement dans la transformation digitale en 2018 (0-10% de ses investissements totaux). Elle souhaite consentir plus d’investissements digitaux en 2019, malgré un ROI jugé insatisfaisant. Ici, la motivation première est l’innovation produit. L’entreprise souhaite utiliser la transformation digitale pour transformer son offre. Elle vise ainsi un nouveau compartiment de marché, afin de se dégager de la pression sur les prix que fait peser une concurrence trop forte.

4. L’ETI du secteur automobile qui va acquérir un concurrent

Pour notre 4ème profil d’entreprise investisseuse française, cap sur l’automobile, et plus précisément sur une ETI du secteur. Celle-ci craint particulièrement la pression sur les prix de vente. Cette entreprise a déjà entamé une stratégie d’investissement, dans laquelle le digital représente une part significative (entre 25 et 50%), même si le retour sur investissement reste jugé insatisfaisant. Cette entreprise va franchir un cap, puisqu’elle investira davantage en 2019 : 70% de cet investissement sera dédié à une opération de croissance externe. Afin de mener à bien cette stratégie, elle aura recours à un investissement dans la transformation digitale qui représentera une proportion constante de son investissement total.

5. La microentreprise du commerce de détail qui souhaite revoir son offre de fond en comble

Les microentreprises investissent aussi ! La preuve avec ce 5ème profil d’entreprise française qui investira en 2019. Il s’agit d’une microentreprise du commerce de détail, dont le taux d’utilisation des capacités de production est inférieur à 50%. Selon elle, le risque principal pesant sur sa rentabilité est lié au coût de la main d’œuvre, mais elle fait également face à un manque de débouchés. Elle souhaite investir autant en 2019 qu’en 2018, avec un goût prononcé pour un investissement offensif, qui souligne une tentative de renouvellement de l’offre. La transformation digitale représente par ailleurs entre 25 et 50% des investissements totaux en 2018. L’entreprise a déjà constaté les premiers résultats de ces investissements, et souhaite renouveler cet effort en 2019. Ses motivations principales en termes d’investissements digitaux sont équilibrées : innovation, qualification de la main d’œuvre et gains de productivité.