La plupart des entreprises françaises sont familières avec l’assurance-crédit, un mécanisme qui existe depuis plus d’un siècle et s’est beaucoup développé, tant il est important de protéger son entreprise et ses résultats des mauvais payeurs. Mais si l’on s’assure, c’est avant tout pour être remboursé en cas de sinistre ! Au moment de choisir son assureur-crédit, il est indispensable de savoir combien l’on récupérera en cas d’impayé.

Quotités et plafonds de couverture

Comme dans toute assurance, l’assuré conserve toujours une partie du risque à sa charge, de façon à toujours adopter un comportement responsable (« de bon père de famille »). Ce principe de partage du risque se matérialise par la quotité. La quotité d’indemnisation délimite précisément le montant que versera votre assureur-crédit en cas d’impayé. Elle s’exprime en pourcentage du montant hors taxes de la créance, et varie selon que les clients couverts sont dénommés ou non-dénommés :

  • Les clients dénommés bénéficient d’un agrément personnalisé de la part de votre assureur-crédit, qui valide le montant d‘encours demandé. Il s’agit pour vous de clients réguliers ou de prospects identifiés, qui représentent ou pourraient représenter une part importante de l’activité de votre entreprise. La quotité d’indemnisation correspondante va généralement de 70% à 90%, selon les cas.
  • Pour gagner en réactivité commerciale, il est possible de bénéficier d’une garantie sans demande préalable et ce pour des clients pour lesquels les créances sont moins importantes. C’est le principe du non-dénommé. Dans ce cas, la quotité d’indemnisation est inférieure, généralement entre 60 à 75% – avec un plafond contractuel.

La garantie proposée peut donc différer fortement d’un dossier à l’autre. Pour comparer plusieurs assureurs-crédit, la meilleure méthode consiste à les tester sur des cas réels d’encours à couvrir – on conseille généralement de s’en tenir à un panier d’une dizaine de comptes.

Délai de remboursement : le temps, c’est de l’argent

Le délai d’indemnisation a un impact direct sur votre BFR. Lorsqu’une créance impayée est constatée et signalée, ce délai indique l’échéance à laquelle vous recevrez l’indemnisation prévue dans votre contrat d’assurance-crédit, en cas de non récupération de la créance dans l’intervalle. Selon les assureurs et les produits, il peut aller de 30 jours en cas de procédure collective, à 150 jours pour un règlement du dossier via une négociation à l’amiable ou une procédure judiciaire.

Lorsque vous transmettez votre créance impayée à votre assureur-crédit, celui-ci procède au recouvrement avant de vous indemniser. Cette période correspond au délai de carence. Les sommes recouvrées pendant ce délai sont immédiatement et intégralement reversées. A la fin du délai de carence intervient l’indemnisation.

Un critère clé : les performances de recouvrement

L’objectif de l’assureur-crédit est naturellement de recouvrer les impayés – autant d’indemnités de moins à reverser ! En cas de déclaration d’impayé transmise dans les délais convenus, il entre en scène, via des procédures amiables d’abord, juridiques ensuite. Et bien souvent la situation rentre dans l’ordre :

  • Il dispose d’un réseau de professionnels expérimentés du recouvrement et d’un réseau de correspondants judiciaires,
  • A l’export, il connaît les réalités locales du recouvrement : sa théorie… et ses pratiques.

Quels que soient la quotité d’indemnisation, la performance de recouvrement d’un assureur-crédit représente donc un indicateur déterminant. Les statistiques du recouvrement d’un assureur-crédit renseignent sur l’efficacité réelle de ses équipes. Elle se mesure concrètement par le montant récupéré rapporté au montant des dossiers contentieux traités. La part des dossiers traités en moins de 6 mois renseigne sur la rapidité de l’assureur, un critère déterminant dans la réussite d’une procédure de recouvrement.

Un grand assureur-crédit a du poids lors d’un recouvrement. Dans le cas d’Euler Hermes, 90% des récupérations effectuées sont le fruit d’actions par voie amiable. 75% des récupérations effectuées le sont en moins de 6 mois. Hors procédures collectives, un grand assureur-crédit comme Euler Hermes obtient des taux de récupération supérieurs à 60%.