L’esprit de géométrie conjugué à l’esprit de finesse. L’autorité du chiffre doublé de l’apport du sens et de l’écoute. La technique et le charisme. Oui, le DAF de l’avenir est un professionnel complet, riche de ses savoir-faire mais aussi de ses savoir-être et de ces fameuses « soft skills » qui se sont imposées jusque dans la fonction finance. Un univers réputé pour sa technicité mais qui doit désormais rimer avec créativité, curiosité et adaptabilité.

70 % des entreprises rencontrent des difficultés pour recruter des talents financiers, d’après le dernier baromètre DAF & Leaders Financiers Michael Page. Non pas que ces talents fassent défaut. Mais les prérequis évoluent, et les entreprises recherchent aujourd’hui autre chose qu’une seule compétence comptable et financière, aussi aiguisée soit-elle.

De nouveaux défis

Le métier de directeur financier a incontestablement le vent en poupe, et les évolutions technologiques lui adressent des défis passionnants. Cette responsabilité très complexe et très sensible exige de plus en plus de son titulaire qu’il fasse preuve de doigté, de souplesse, d’esprit collaboratif, de curiosité intellectuelle. Qu’il continue bien entendu à exceller dans les chiffres et dans ses fonctions traditionnelles de contrôle et d’analyse, mais aussi qu’il se distingue dans le management et la gestion de projets transversaux. Qu’il mette de l’humain dans ses approches, dans ses décisions, dans sa conduite des hommes. Qu’il s’adapte non seulement à l’évolution de son métier et de son environnement, mais aussi aux bouleversements de l’économie et aux disruptions sociétales.

Dans cette réinvention du métier, les soft skills jouent un rôle déterminant. Ce sont elles, ces compétences « douces », où entre une part d’affect, qui feront la différence entre les DAF.

Mais au fait, que signifient les soft skills ?

La notion désigne les qualités et savoir-être couramment opposés aux savoir-faire techniques (« hard skills ») et au règne des experts « froids et désincarnés ». Les aptitudes comportementales, culturelles et sociales, sont dorénavant reconnues comme des compétences managériales à part entière.

Sens critique, curiosité intellectuelle, créativité, audace, etc. : les soft skills nous rendent, individuellement et collectivement, plus inventifs, plus imaginatifs, plus collaboratifs. Et donc plus performants.

Le DAF n’est plus un comptable perché sur une pyramide de chiffres, il devient un stratège et un interlocuteur-clé. Ce n’est donc plus uniquement un homme de chiffres avec des compétences techniques, mais aussi un professionnel que l’on comprend facilement, même sans formation financière, qui met à jour ses connaissances, travaille ses capacités managériales, son réseau et son intelligence relationnelle.

Hard skills + soft skills = performance augmentée

Le rôle du DAF, de plus en plus souvent désigné par l’acronyme anglais CFO, évolue en profondeur. Il maîtrise les évolutions économiques, commerciales, financières, mais aussi les subtilités de la culture de son entreprise et de son environnement, et perçoit l’importance de la valeur ajoutée de l’humain.

Et tout cela passe par une complémentarité entre les compétences « hard » et « soft ». Le CFO doit bien évidemment continuer à cultiver les premières (contrôle de gestion, gestion de la trésorerie, contrôle financier, gestion des risques …) mais en travaillant de manière plus transversale, plus fluide, plus naturelle avec toutes les directions de l’entreprise. Et il sera jugé sur sa capacité à se remettre en question, à se réinventer, à s’adapter aux circonstances et à ses interlocuteurs.

A charge pour lui d’imaginer de nouvelles complémentarités avec les logiciels, de (re)penser son rôle à l’ère des interfaces hommes-machines, d’intégrer au mieux les progrès de l’automatisation et les promesses de l’intelligence artificielle dans son périmètre. Avec une bonne dose de connaissances techniques mais aussi un zeste de « soft » et une grosse louche d’agilité.

Ressources humaines, systèmes d’information, affaires juridiques, prospective, responsabilité sociétale des entreprises : dans tous ces domaines, le DAF sera de plus en plus souvent amené à intervenir, interagir, proposer et faciliter. Et comme tout stratège, il doit développer des soft skills : leadership, charisme, capacité à embarquer ses équipes et à les fédérer autour d’une vision et d’une dynamique collective.

Pour devenir « le DAF que tout le monde s’arrache », il lui faudra exceller dans les « matières » suivantes (qui ne s’apprennent pas dans les manuels) :

  • L’attention aux autres, le sens de l’humain
  • La communication, et pas seulement dans les sociétés cotées
  • La pédagogie, la clarté d’expression : le vocabulaire financier est trop souvent perçu comme une « langue étrangère » par les opérationnels et parfois même par la gouvernance de l’entreprise ; il est important d’être en mesure de vulgariser les concepts financiers, d’éclairer ses interlocuteurs sur les enjeux financiers, d’expliquer sans dénaturer.
  • L’adaptabilité et la souplesse d’esprit, encore trop peu regardées comme des caractéristiques natives des directions financières !
  • La créativité et la curiosité, qui n’excluent pas la prudence…

Les talents doux sont devenus des talents stratégiques. Ce sont autant de compétences que le DAF d’avenir saura cultiver et consommer sans modération mais à bon escient. Esprit de géométrie et esprit de finesse, êtes-vous là ?