Le métier de DAF présente au moins un point commun avec celui de pilote de ligne : en phase de décollage, il est vital d’éviter tout incident…

Le métier de pilote de ligne est très éloigné des standards d’autrefois. A ces hommes et ses femmes rationnels, carrés dans leurs process, on demande aussi un certain sens commercial. Leurs systèmes d’assistance sont hyper-sophistiqués. Les données de vol sont centralisées et analysées en temps réel. Dans ce domaine où la sécurité constitue la priorité numéro 1, la phase de décollage est souvent décrite comme la plus critique.

Pourquoi le décollage est-il le moment le plus critique ?

En avion, il est admis que les moments les plus critiques sont le décollage, surtout quand il y a une panne, et l’atterrissage. Risque-clé : le décrochage, autrement dit la perte de portance aérodynamique due à une pente ascendante trop importante. Trop cambré, en manque de puissance, l’appareil n’est plus soutenu par l’air et tombe.

Pour l’entreprise, un décollage, une croissance rapide, constituent aussi un moment critique. En pleine accélération, il est fondamental d’éviter les incidents. Dans l’enthousiasme du projet, les équipes mobilisées vers la conquête peuvent baisser leur garde, sur les fraudes par exemple. La vitesse d’analyse et de décision – vitale pour une start-up – peut engendrer des raccourcis dans l’analyse de la solvabilité des clients ou dans l’octroi d’un encours. Or on sait bien que la maîtrise du BFR est le nerf de la guerre en situation de croissance, face au défi de l’effet ciseaux.

Piloter le risque

Comment les pilotes de ligne et leurs compagnies font-ils face aux situations dangereuses ? Ils étudient longuement les risques et leurs origines, notamment sur des simulateurs ; ils répètent les process, et aiguisent leurs réflexes de sorte à garder l’esprit clair en situation. Avionneurs et compagnies procèdent à l’analyse des données de tous les vols d’un même appareil, pour enrichir les datas. La maintenance prédictive des appareils, basée sur l’intelligence artificielle, est partout à l’œuvre.

Les pilotes des entreprises ne portent pas l’uniforme, mais ils n’agissent pas autrement. Ils élaborent des hypothèses, listent et évaluent les risques, font tourner leurs ERP… ou leurs feuilles Excel. La B.I. leur permet d’analyser les phénomènes, les données sont rapprochées en temps réel. Et ils se couvrent contre deux sources connues de panne au décollage : les impayés et la fraude. En s’appuyant sur un assureur-crédit, les DAF et les dirigeants bénéficient de la masse de données collectées et des outils d’analyse mis en œuvre. Ils peuvent ainsi prendre une décision rapide et documentée quant aux lignes de crédit client. L’entreprise peut également s’assurer contre les fraudes, et éliminer ainsi un deuxième facteur de risque de panne au décollage.

Décidément, le DAF n’est pas un empêcheur de décoller en rond. Sa place n’est jamais aussi importante que dans les phases d’accélération, pour éviter que le sol ne se dérobe sous l’effet d’un impayé ou d’une fraude !