Le 27 septembre dernier, Business France, l’AFDCC et Euler Hermes organisaient une web-conférence, destinée aux exportateurs. Quelle sera en 2017 la situation économique des entreprises à travers le monde ? Comment saisir les opportunités ? Anticiper les risques ? Et, tout particulièrement : comment se faire payer ?

Environnement macro-économique mondial : ce qui va changer en 2017

L’environnement économique mondial devrait légèrement s’améliorer, avec une croissance évaluée à +2,8% contre 2,4% cette année. En Europe, la croissance restera à +1,6%. Qui va sortir de récession ? Qui va tirer la demande ? De l’Allemagne aux VIP de l’Asean, de la Colombie à la Russie, Daniela Ordoñez, économiste, Groupe Euler Hermes, dresse un tableau clair et synthétique des opportunités pour les exportateurs français.

Les facteurs de risque

L’économiste passe en revue les zones à surveiller, et détaille les risques les plus ressentis par les exportateurs :

  1. Pour 60% des entreprises interrogés, le risque numéro 1, c’est le risque de non-paiement – le taux de défaillances mondiales sera en hausse en 2016 (+1%) et plus encore en 2017 (2%). Et les grands pays ne seront pas épargnés.
  2. Le risque de change reste important, spécialement vis à vis des monnaies émergentes fragiles
  3. On assiste au grand retour du risque politique : calendrier électoral en Europe et USA, tensions sociales et politiques (Venezuela, Turquie, Afrique…)

Sécuriser le poste client

Besa Shkembi,
 Arbitre risques internationaux, liste les points d’attention à porter avant tout contrat avec un client étranger. A commencer par la vérification de son identité : existence légale, identifiant local, capacité juridique de son interlocuteur pour contractualiser. Elle détaille ensuite la conduite à tenir et les signaux d’alerte.

51% des entreprises françaises déclarent manquer d’informations financières sur leurs partenaires commerciaux. C’est le rôle de l’assureur-crédit d’en assurer collecte et synthèse. Mais pour quelle analyse ? Comment s’estiment la solidité financière d’un fournisseur et sa solvabilité ?

Arbitrer entre besoin commercial et solvabilité, Besa Shkembi nous dévoile l’envers du décor :

Les obligations de communication ne sont pas les mêmes partout. En Suisse, aux Etats-Unis, au Canada : les sociétés ne déposent pas les comptes et il est difficile de recueillir de l’information. Notre implantation locale nous permet de faire tomber les barrières et de faciliter l’accès à l’information.

Se faire payer : un art… majeur !

Juriste en recouvrement international chez Euler Hermes, Aleksandra Wdowik rappelle d’abord la nécessité d’encadrer toute transaction. « Pas de contrat, pas de règles ». Il faut s’entendre sur les termes clés : délais et moyens de paiement, pénalités de retard, attribution de compétences, réserve de propriété… Non sans s’être au préalable renseigné sur les spécificités locales.

Car les disparités sont grandes ! La Russie, tout comme l’Arabie Saoudite, n’exécutent pas les jugements étrangers. Quant à l’Indonésie, elle ne les reconnaît pas… Au Portugal, en Pologne, au Mexique et ailleurs, la clause de réserve de propriété doit avoir été enregistrée. Dans d’autres pays, elle a bien peu de chances d’être exécutée.

Et ce n’est pas tout ! Vitesse et coût des procédures varient dans de grandes proportions entre l’Allemagne et l’Espagne, par exemple. De même que le retard de paiement n’offre pas la même signification d’un pays à l’autre…

REPLAY DE LA WEB-CONFÉRENCE