La fraude progresse partout, mais il peut paraître plus difficile encore de lutter quand il s’agit de commerce international. Des solutions existent pour sécuriser son effort à l’exportation.

Multipliée par 2 en 1 an ! Selon la dernière édition de l’étude fraude d’Euler Hermes, 1 entreprise sur 5 a ét́é visée par plus de 10 tentatives de fraude en 2018, alors qu’elles étaient 1 sur 10 en 2017. La fraude, et son alliée la cyberfraude, figure plus que jamais en pointe des préoccupations des DAF.

Plus encore à l’international ? Pour David Sussmann, dirigeant de Seafoodia, un grossiste en produits de la mer établi à Marseille, qui dispose de bureaux de vente et de sourcing dans 6 pays (80% du CA à l’export) : « La fraude constitue le risque numéro 1. Le faux agent, le faux supermarché, les fausses signatures, les faux contrats… Le danger est permanent. Il faut rencontrer les clients, aller voir sur place. Et se méfier des adresses. » Sans oublier le danger toujours présent du phishing et de la cyberfraude.

Chercher la faille

Les fraudeurs essaieront de profiter de la dimension internationale d’une entreprise. Par exemple, en attaquant une petite entité lointaine dont les systèmes seraient moins solidement sécurisés, pour remonter ensuite aux serveurs centraux. Ou encore en jouant sur les jours fériés locaux ou le décalage horaire pour éviter un contrôle lors d’une tentative de fraude au président. On pourrait multiplier les exemples : les fraudeurs sont des criminels qui ne manquent pas d’imagination !

En élargissant son champ d’action à l’international, on multiplie les portes d’entrée dans l’entreprise, et donc les risques de fraude. Raison de plus pour accorder une attention toute particulière aux serrures les plus faibles.

Les risques du voyage

La mobilité des commerciaux et des techniciens internationaux génère des risques particuliers. Il ne s’agit plus seulement d’oreilles indiscrètes. Les réseaux WiFi de grandes chaînes hôtelières ont ainsi récemment été ciblés par les cybercriminels, pour intercepter les messageries, voire pour disséminer des agents malicieux dormants, capables d’être activés le moment venu. Du roman d’espionnage ? Non, plutôt la réalité d’un quotidien où l’information doit circuler vite et où la connexion est indispensable pour accéder à ses outils professionnels. Le degré de vigilance retombe vite dans un tel environnement…

Des fraudeurs aguerris

La fraude au président, la fraude au faux client, au faux fournisseur, les tentatives de détournement de virement… : à l’export, ces pratiques éprouvées peuvent trouver un nouvel élan. « Les fraudeurs cherchent à manipuler les collaborateurs, à créer un climat de confiance, et nous devons donner à nos salariés les outils nécessaires pour détecter ces situations. Mais toutes les procédures mises en place en interne ne seront jamais suffisantes : les escrocs trouvent sans cesse le moyen de se réinventer et réussissent à contourner les barrières déployées. » déclarait Frank Bellion, Président du groupe Cofibel et client chez Euler Hermes.

Ces risques ne sont pas limités au grand export ou aux pays dont le cadre réglementaire est faible. La sécurisation de ses équipements informatiques et téléphoniques, associée à des rappels permanents à la prudence, s’impose.

Mais la peur n’évite pas le danger ! C’est la raison pour laquelle tout exportateur devrait réfléchir à la souscription d’une assurance-fraude.

Les risques à couvrir

Les risques financiers à couvrir en cas de fraude sont de trois sortes :

  1. les pertes financières directes du fait d’actes de fraude et cyberfraude ;
  2. les pertes d’exploitation (perte de marge brute et frais supplémentaires d’exploitation) ;
  3. les frais induits : décontamination et restauration des données, restauration de votre réputation, frais en cas de cyber-extorsion, d’attaque des systèmes de téléphonie, de notification en cas de hacking des données personnelles (RGPD), etc.

Autant de dépenses qui seront couvertes par une assurance-fraude comme EH Fraud Cover. « Mais ça n’est pas parce qu’on est assuré qu’il faut oublier le contrôle ! », souligne le dirigeant de Seafoodia, dont la société a décidé de s’assurer contre les fraudes, internes, externes et cyber. La vigilance ne vaut que si elle est partagée par tous…