Envoyer des VIE en mission permet d’entamer ou de conforter une présence à l’étranger : lancer des études de marchés, faire de la prospection, renforcer des équipes locales, accompagner un contrat… mais aussi de recruter des jeunes à hauts potentiels, souvent un vrai challenge pour les PME. Regards croisés de Yann Coatmellec, directeur commercial de l’entreprise bretonne Breizelec et Michel Bauza, Directeur du Volontariat International en Entreprise (V.I.E.) chez Business France.

Depuis 2000, le système du volontariat international en entreprise permet aux sociétés françaises de confier à moindres frais et à moindres risques à un jeune diplômé de moins de 28 ans une mission professionnelle à l’étranger pour une période allant de 6 mois à deux ans. Le volontaire demeure sous la gestion contractuelle, sociale et logistique de Business France, agence publique dédiée au développement international des entreprises.

Pour s’attaquer sérieusement à l’export

« Le V.I.E est une formule idéale pour concrétiser des projets internationaux ou les développer » résume Michel Bauza, Directeur du Volontariat International en Entreprise chez Business France. Un avis que partage Yann Coatmellec, directeur commercial de Breizelec, une PME bretonne d’ingénierie électronique qui envoie des V.I.E dans une dizaine de pays : « Pour nous, le V.I.E a été le moyen de démarrer l’export de façon intensive. Avant tout, c’est pour nous un outil de développement commercial : en 6 ans, notre chiffre d’affaires à l’export a été multiplié par 7, grâce au V.I.E notamment ».

Comme Breizelec, 65% des entreprises considèrent que le dispositif a eu un impact direct sur leur implantation commerciale, et 73% ont vu leur chiffre d’affaires progresser.

Un dispositif gagnant-gagnant

« Les jeunes ont accès à des missions internationales très responsabilisantes, véritables arguments à l’employabilité sur leurs CV » résume Michel Bauza. De leur côté, « les entreprises disposent de candidats jeunes, motivés, capables et volontaires, qu’elles pourront recruter après avoir testé leur valeur et leurs compétences sur le terrain, à moindres risques et frais ». Ce n’est pas un hasard si 81% des entreprises utilisatrices recommanderaient à une entreprise de même profil de mettre en place des missions V.I.E, et si 71% d’entre elles renouvellent l’expérience.

Les clés du succès : préparation… et suivi individualisé

Pour tous, la clé du succès, c’est d’abord la préparation de la mission. Chez Breizelec, « chaque mission commence par trois mois de formation au siège, pendant lesquels nous préparons la mission et familiarisons le V.I.E à l’entreprise et à ses produits. Ils partent avec une mission claire, un plan d’action, un fichier commercial très qualifié, et nous avons identifié ensemble les questions qui restent à élucider » explique Yann Coatmellec. Un temps de formation qui peut sembler long, mais de toute première importance. « Il faut qu’ils puissent être autonomes tout de suite ». Cette période permet aussi de détecter ceux pour qui la solitude pourrait peser trop lourd, en particulier dans certains pays. « Nous faisons aujourd’hui très attention à détecter ce risque en amont parmi les candidats », souligne Yann Coatmellec.

L’accompagnement du volontaire n’en est pas moins important. « Sans suivi adapté, le risque d’échec est plus élevé » prévient Michel Bauza. « Il faut être un peu aventurier pour partir, savoir être autonome et indépendant. Pour autant nous ne lâchons pas nos V.I.E dans la nature, nous les soutenons et les suivons, mais à distance, forcément. Ils doivent être solides ! » confirme Yann Coatmellec.

Un dispositif pensé pour les PME

La formule est facile, souple, accessible et permet de limiter les risques :

  • L’entreprise bénéficiaire n’a pas de lien contractuel avec le volontaire : la lettre d’engagement est signée entre Business France et le jeune volontaire,
  • Le V.I.E est libre de toute charge sociale en France,
  • Les coûts sont connus à l’avance et maîtrisés : l’entreprise reçoit chaque mois une facture,
  • Tous les aspects administratifs, juridiques, santé, visa, permis de travail, rapatriement, etc. sont pris en charge par Business France.

« L’entreprise se concentre sur l’essentiel : identifier le projet, définir la mission, recruter le candidat, le former, et le suivre », souligne Michel Bauza. Yann Coatmellec approuve : « Le V.I.E est d’une facilité évidente. »

Business France met également au service des PME tout un panel de services :

  • Accompagnement personnalisé pendant la phase de préparation,
  • Aide au recrutement et sélection des profils les plus pertinents,
  • Dans la phase de mise en route, une équipe se charge des démarches administratives (visa, permis de travail, billet d’avion, choix d’un bureau local agréé, etc.) avec des experts pays,
  • Solutions de portage (par des grands groupes français présents à l’étranger),
  • Hébergement,
  • Parrainage et/ou coaching sur place si l’entreprise ne dispose pas de personnel d’encadrement sur place.

Une formule de VIE régional existe également, afin de permettre à la recrue de couvrir jusqu’à huit pays.

Alors, le V.I.E, une bonne affaire pour tout le monde ? Pour Yann Coatmellec, son principal inconvénient, « c’est qu’il ne peut pas durer plus de 2 ans. Au bout d’un an ils ont terminé leur apprentissage, au bout de 2 ans ils génèrent du CA… et ils ont envie de passer à autre chose ». Il n’y a plus alors qu’à les embaucher !