Lancée en 2016 par Jean-Baptiste Achard et Amaury d’Everlange, la plateforme StaffMe met en relation des jeunes indépendants de 18 à 30 ans avec des entreprises, pour la réalisation de missions ponctuelles. Récit d’un développement ultra-rapide.

StaffMe est une solution de travail ponctuel qui permet aux entreprises de trouver rapidement et facilement, à un prix avantageux et partout en France, de jeunes auto-entrepreneurs qualifiés pour la réalisation de tous types de missions allant de quelques heures à plusieurs semaines.

Le modèle de la mise en relation

L’objectif de la société est de mettre en relation des staffeurs et des clients.

Les staffers sont des jeunes de 18 à 30 ans, parmi lesquels aujourd’hui 70% sont étudiants et 30% de jeunes actifs en recherche d’emploi. Ils sont disponibles pour des missions rémunérées susceptibles de contribuer à leur employabilité, voire de constituer un tremplin vers l’emploi. « 7 ou 8% des profils trouvent un CDI à l’issue d’une mission », précise à ce propos Jean-Baptiste Achard.

Les clients sont des entreprises de secteurs à forte demande ou qui connaissent des pics d’activité. Boutiques, logisticiens, start-ups, entreprise en forte croissance… L’éventail va de la TPE jusqu’à Sodexo, Danone ou Lagardère.

Saisir une opportunité de marché

En mai 2016 deux avocats, Jean-Baptiste Achard, 27 ans, et Amaury d’Everlange, 48 ans, décident de s’associer. Le premier était alors élève-avocat dans le cabinet du second, lequel avait déjà plusieurs expériences entrepreneuriales derrière lui.

« Quand j’étais étudiant, c’était compliqué de trouver de petits jobs », évoque Jean-Baptiste Achard. Depuis une dizaine d’années, la règlementation des Junior entreprises ne permet plus de confier des missions qui ne seraient pas en rapport direct avec l’enseignement dispensé par l’établissement. « Les entreprises peinent à trouver de jeunes professionnels pour des missions courtes, qu’elles soient commerciales (animation, vente, téléprospection…), logistiques ou administratives. Et pendant ce temps-là, le chômage d’insertion reste toujours aussi élevé pour les jeunes diplômés ? Il manquait manifestement quelque chose ».

Après trois mois de préparation, la société procède à un premier tour de table de 500 K€ auprès de 10 business angels. En janvier, les fonds M Capital et Turenne Capital entrent au capital pour 3 millions d’euros. StaffMe compte aujourd’hui une quarantaine de collaborateurs.

Priorité au développement

Selon le dirigeant, les leviers de la croissance de StaffMe sont d’abord :

  • La pertinence de l’offre. Elle s’adressait à l’origine aux étudiants, mais s’est rapidement ouverte sur toute la jeunesse tant les problématiques en présence et le service rendu étaient similaires.
  • La qualité du service. « Nous parions sur la qualité de l’exécution de la double promesse faite aux deux parties prenantes, et continuons d’investir dans notre algorithme et dans nos ressources humaines. »
  • La communication. StaffMe se fait connaître sur les réseaux sociaux fréquentés par les jeunes, visite écoles et facultés, et conduit un démarchage commercial soutenu auprès des entreprises.

Des objectifs et des impératifs

Pour une start-up comme StaffMe, les objectifs ne s’expriment pas d’abord en chiffre d’affaires et en rentabilité. La vitesse d’exécution est clé, et le succès passe par la conquête rapide d’adhérents à la plate-forme, tant du côté des donneurs d’ordre que de celui des candidats. Le potentiel est important : « StaffMe compte 100.000 inscrits aujourd’hui, pour un potentiel français de 2,5 millions de personnes. Et l’offre se renouvelle chaque année, au fur et à mesure que les jeunes diplômés s’engagent dans des contrats de travail classiques », précise Jean-Baptiste Achard.

Aux objectifs correspondent des impératifs :

  • développement des équipes : l’entreprise a lancé un plan d’embauches de 30 personnes d’ici fin 2019.
  • financement : l’entreprise prépare une nouvelle levée de fonds.

Les facteurs de risque identifiés

D’une manière générale, la sécurité se situe au cœur des process – données, identité, facturation. La fraude, notamment les fausses identités et les faux numéros d’enregistrement, constituent un point d’attention sensible. L’entreprise suit les principes du KYC . Les pièces d’identité doivent être téléchargés sur la plate-forme pour vérification. L’API Sirene permet de vérifier les numéros de SIRET de ces auto-entrepreneurs.

Bien que n’ayant jamais été victime d’une attaque informatique, l’entreprise a souscrit de façon préventive une assurance cyberfraude.

Le risque réglementaire attaché à la RGPD a été traité en amont avec un cabinet d’avocats afin d’intégrer ses contraintes dans les process. Une dimension de première importance, tant pour renforcer la confiance des utilisateurs – par exemple, dans la possibilité de supprimer leurs données – que pour éviter les lourdes sanctions prévues par la Loi.

StaffMe compte aujourd’hui 40 collaborateurs, et prévoit d’en embaucher 30 autres en 2019. Elle annonce 2500 entreprises clientes, et 100.000 jeunes travailleurs indépendants enregistrés sur sa plate-forme.