L’évolution des fonctions du crédit management

Le regard d’Eric Latreuille, Président de l’AFDCC, l’Association française de Credit Management qui fête ses quarante-cinq ans d’existence : « L’assurance-crédit est indispensable pour manier avec dextérité les enjeux de la culture du risque et du cash. Sur les marchés export, elle est essentielle et source de compétitivité pour bénéficier d’informations de qualité, en temps voulu, et négocier avec toutes les armes en main. »

Qu’est-ce qui, pour vous, a le plus changé ces dernières années en termes de pratiques de credit management ?

Si l’on fait un retour en arrière sur quinze ans, le credit manager était avant tout le responsable recouvrement. Son rôle a considérablement évolué avec la prise de conscience de plus en plus forte du risque, suite à des défaillances retentissantes et à leur “effet domino”. L’importance de savoir anticiper, analyser et gérer ces risques a commencé à pénétrer les organisations il y a quinze ans. Depuis quatre ans, nous observons un autre mouvement de balancier avec, de nouveau, un focus sur le recouvrement, car la trésorerie est redevenue un impératif face aux problématiques de financement et à la conjoncture morose. C’est tout l’avènement de la culture du cash. Pour ma part, j’ai observé, plus récemment, deux nouvelles tendances de fond. Tout d’abord, la gestion de projet transverse tout au long du cycle “order-to-cash”, avec parfois une forte connotation IT. Au-delà de l’arbitrage classique entre la direction financière et la direction commerciale, le credit manager se retrouve en effet au carrefour de sujets tels que l’administration des ventes, la facturation électronique, les ERP, le CRM, la logistique et la trésorerie. Les directions générale et financière lui attribuent aujourd’hui un rôle de leader et de fédérateur. La deuxième évolution importante fait faire un virage à 180 degrés avec, à l’autre bout de la chaîne, le crédit fournisseurs. Le credit manager est ainsi en relation régulière avec les services achats pour les aider dans leur prospection de fournisseurs, dans l’identification de situations sensibles via l’échange d’informations financières, mais aussi dans leurs négociations.

La fonction s’est-elle répandue au sein des entreprises ?

Aujourd’hui, nous comptons 700 membres au sein de l’AFDCC. La fonction s’est vraiment développée dans les entreprises, qui perçoivent de plus en plus les enjeux et les gains de la gestion du poste client. De ce fait, nous constatons plus de demandes de formation et d’information, aussi bien pour les commerciaux que pour les comptables et les services achats. Le rôle de notre association est de proposer à nos membres des formations ciblées sur les compétences futures à maîtriser, d’exercer une veille réglementaire d’échanger sur des best practices (tableaux de bord pour fluidifier les échanges entre financiers et commerciaux, indicateurs à suivre pour convaincre ou optimiser les process de décision, outils à adopter type assurance-crédit…), et d’être force de proposition vis-à-vis des pouvoirs publics.

Quel est votre regard sur l’assurance-crédit ?

L’assurance-crédit est indispensable pour manier avec dextérité les enjeux de la culture du risque et du cash. Sur les marchés export, elle est essentielle et source de compétitivité pour bénéficier d’informations de qualité, en temps voulu, et négocier avec toutes les armes en main.