Lumière sur le baromètre annuel de l’Association Française Des Credit Managers (AFDCC) sur les comportements de paiement au sein des entreprises françaises : selon l’étude, 39 % des répondants ont constaté en 2014 une augmentation des délais de paiement clients, un chiffre qui ne cesse de croître depuis 2011. Et seulement 21 % ont vu leur DSO diminuer (contre 32 % en 2013).

Selon l’étude, 39 % des répondants ont constaté en 2014 une augmentation des délais de paiement clients, un chiffre qui ne cesse de croître depuis 2011. Et seulement 21 % ont vu leur DSO1 diminuer (contre 32 % en 2013). « Ces chiffres reflètent bien les difficultés des entreprises dans un environnement économique atone et la fragilité de leur structure financière, commente Eric Latreuille, Président de l’AFDCC. Le cash est depuis plusieurs années au cœur des préoccupations des directions financières, et les modèles de prévision d’encaissements se développent en lien avec les trésoriers. » Quant aux retards de paiement, 65 % des entreprises ont constaté leur augmentation en 2014, un niveau jamais atteint depuis 2009. Et les “petits” retards compris entre 1 à 4 jours ont explosé : 50 % des répondants ont observé une hausse en 2014. « S’ils sont d’une durée très courte, ces retards peuvent en revanche être conséquents en termes de cash et fragiliser la trésorerie des entreprises, estime Éric Latreuille. Sur le plan du recouvrement, il est par ailleurs plus compliqué d’intervenir auprès de son client pour ce type de retard. »

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L’étude montre toutefois que la part des “faux litiges” n’a pas augmenté pour 66 % des répondants. « Il est essentiel de s’organiser en amont pour réduire au maximum les zones d’incertitude entre fournisseurs et clients et ainsi fiabiliser les étapes de la facturation et de la livraison, souligne Éric Latreuille. La facturation électronique a notamment beaucoup aidé ! » Du côté de la réglementation, Éric Latreuille reconnaît que les effets de la LME ont été très positifs à son entrée en vigueur, même s’il observe maintenant un essoufflement : « Le cadre de la LME est absolument extraordinaire, mais on partait de très loin ! D’autre part, on peut regretter un manque d’harmonisation des réglementations au niveau européen ; l’écart est surtout important avec les pays d’Europe du Sud. » L’arsenal juridique évolue (loi Hamon, sanctions de la DGCCRF), mais en l’absence de contrôle, les entreprises n’utilisent pas davantage les outils prévus par la loi : près d’une entreprise sur deux ne réclame jamais les pénalités de retard à ses clients selon l’étude.

1 Days Sales Outstanding (nombre de jours de crédit clients)